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À Vienne, au siècle dernier, dans la cohue de toute grande ville de cette époque, évoluent des personnages dallures diverses. Si certains passent inaperçus, dautres par contre attirent lattention par leur originalité ou leur excentricité voire même leur marginalité. Cétait sans doute le cas de cet homme arpentant la ville et ses alentours en marmonnant des choses incompréhensibles pour les citadins qui devaient le trouver plutôt étrange.
Hors de question de laborder, ni même de lui adresser la parole. Lhomme risquerait de crier Ta Ta Ta Tam en vous repoussant du revers de la main puis douvrir son manteau pour en sortir, dun geste menaçant, non pas un couteau ou une quelconque arme, mais un objet somme toute assez inoffensif, un petit carnet où il noterait frénétiquement ce quil vient de vous lancer par la tête.
Si lhomme est aujourdhui célèbre, sans doute ces petits carnets de notes ny sont pas étrangers. En effet, combien didées se seraient envolées en fumée, dissipées par les distractions usuelles de la vie quotidienne, neut été du fait quelles soient notées immédiatement ? Sans doute beaucoup et cest en cela que réside toute lutilité de tels carnets.
Plus haut, nous avons utilisé le terme objet inoffensif en référence à ces carnets, cela peut savérer inexact car un tel objet entre les mains dun habile compositeur peut devenir une arme dont le pouvoir na dégal que limagination de celui qui sen servira.
Au XXe siècle, ce procédé que lon pourrait croire quasi indispensable, ne semble toutefois pas si répandu parmi les créateurs ou, du moins, son utilisation nest pas publicisée. Il y a bien Honegger qui, dans son livre Je suis compositeur1, mentionne se servir de carnets pour noter ses idées, mais seule une recherche plus approfondie permettrait détablir avec certitude combien de compositeurs utilisent cette méthode.
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Retrouve-t-on, au Canada, des compositeurs dont luvre créatrice est tributaire de ces petits calepins ? Et bien oui! Il existe ici même, à Montréal, un homme, en apparence ordinaire, que lon pourrait sans doute apercevoir, assis dans un autobus, un banc de parc ou arpentant les rues de la ville semblant perdu dans ses pensées pour soudainement se mettre à griffonner frénétiquement dans un petit carnet.
Cet homme existe bel et bien et son nom est Michel Longtin. Cet article a pour but de vous le présenter, mais surtout de vous faire suivre les traces menant à la composition dune de ses uvres: Autour dAinola.
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Photo: Bernard Lambert |