Michel Longtin a toujours eu une grande admiration pour la musique du compositeur finlandais Jean Sibelius. À ses yeux, la musique de ce dernier est « une grande bouffée d'air frais dans le répertoire, quoi qu’en dise Stravinsky ». De ce fait, il ne faut pas s’étonner que l’idée de base d’Autour d’Ainola lui soit venue de son amour de cette musique.

Ainsi, le titre même fait référence au domaine où Sibelius habitait. En effet, en finlandais, le suffixe « la », ajouté à un prénom, signifie « demeure de ». Ainola est donc la demeure d’Aino, la femme de Sibelius. Cette demeure a vu naître la grande majorité des œuvres de Sibelius. Entre autres, une huitième symphonie dont personne ne sait ce qu’il en est advenu1.

De cette huitième symphonie, dont Sibelius fait mention dans sa correspondance avec Koussevitsky2, subsisterait des fragments sonores que l’on peut encore entendre aujourd’hui autour d’Ainola… À tout le moins, dans l’imagination de Michel Longtin. Le rêve d’aller un jour d’automne autour d’Ainola et d’écouter la huitième symphonie est l’idée de base ayant servit à composer Autour d’Ainola.

Cependant, à proprement parler, il ne s’agit pas de musique à programme. Ainsi, l’œuvre n’est pas descriptive. Il s’agit plutôt d’une idée servant au compositeur à créer une ambiance, à générer un état d’esprit propice à la composition d’une œuvre. En cela, Longtin est plus près du classicisme que du romantisme. Ainsi, par l’esprit, il se rapproche plus de Beethoven qui écrit, au sujet du premier mouvement de sa 6e symphonie, « Éveil d’impressions agréables en arrivant à la campagne » que de Liszt qui prétend décrire l’histoire de Mazzepa dans son poème symphonique du même nom.

Pour Michel Longtin, cette pièce décrit « comment je me sentirais si j’étais dans une salle de concert et j’assistais à la création de la huitième symphonie de Sibelius ».