Si, dans l’histoire de la musique, certains musicologues ont réussi à reconstituer des œuvres entières à partir d’esquisses laissées par le compositeur, il est souhaitable que Michel Longtin ait le temps de réaliser toute celles contenues dans ses cahiers d’esquisses. En effet, s’il est aisé de reconnaître la parenté entre les esquisses et la partition finale, reconstituer une œuvre de Longtin serait très difficile sans la clé permettant d’en faire une interprétation juste : celle-ci est profondément enfouie dans la tête du compositeur.

Par contre, nous sommes à même de constater que ces cahiers permettent au compositeur de se remémorer l’idée musicale et de la réaliser selon le système le plus approprié lorsque le temps lui en est donné. En cela ces cahiers sont inestimables.

Si, lorsque interrogé au sujet de sa valeur en tant que compositeur, Michel Longtin devient très humble, il en est toute autre de la valeur qu’il accorde à ses carnets de notes. Lui demander de s’en séparer, ne serait-ce que quelques instants, équivaudrait à l’amputer d’une partie de lui-même.